La vérificatrice générale est préoccupée par le fait que des enfants âgés de cinq ans et moins soient placés dans des foyers de groupe

Dans son dernier rapport déposé, aujourd’hui, à l’Assemblée législative, la vérificatrice générale, Kim MacPherson, a constaté une mauvaise planification, des normes inefficaces et des faiblesses dans la surveillance de la qualité des soins au ministère du Développement social. Par conséquent, les enfants vulnérables placés dans les foyers de groupe et les placements spécialisés partout dans la province sont à risque.

« Le ministère ne gère pas adéquatement le placement et les soins des enfants dans les foyers de groupe et les placements spécialisés, a déclaré Mme MacPherson. Ceci peut mener à des conséquences désastreuses, contribuant aux tentatives de suicide, aux dépendances, aux problèmes de santé mentale à long terme et à l’itinérance. »

Le rapport illustre qu’une baisse continue de la disponibilité des familles d’accueil dans toute la province, conjuguée à des problèmes de comportement accrus des enfants, a entraîné un recours accru aux foyers de groupe. Un manque d’options veut dire qu’un nombre plus élevé d’enfants, ainsi que d’enfants plus jeunes, sont placés dans des foyers de groupe.

« L’augmentation récente du nombre d’enfants âgés de cinq ans et moins est encore plus préoccupante », a dit Mme MacPherson.

Le rapport a constaté que l’on a recours à des foyers de groupe même lorsque, pour certains enfants, le placement en famille d’accueil serait plus approprié et donnerait probablement de meilleurs résultats. De plus, les foyers de groupe sont beaucoup plus coûteux pour la province.

« Nous avons estimé que chaque tranche de 10 enfants placés dans des foyers de groupe plutôt que des familles d’accueil augmente les coûts du ministère de 1,6 million de dollars par année », a affirmé Mme MacPherson.

Le rapport révèle également le recours croissant aux placements spécialisés pour loger des enfants ayant des comportements complexes. De tels placements coûtent environ trois fois plus cher que les foyers de groupe. Dans une région, ces coûts s’élevaient en moyenne à plus de 420 000 dollars par enfant par année. Le rapport a également constaté des faiblesses reliées à la formation des travailleurs sociaux et des employés des foyers de groupe, de même qu’un roulement élevé. Mme MacPherson a également souligné l’insuffisance de la préparation des enfants qui quittent leur foyer en tant que jeunes adultes.

« Comme les enfants placés temporairement peuvent quitter une résidence à l’âge de 16 ans, nous nous attendions à ce que les foyers de groupe commencent à préparer les enfants à la vie autonome et à l’âge adulte bien avant leur 16e anniversaire », a déclaré Mme MacPherson.

Au lieu de cela, le rapport n’a trouvé aucune indication claire sur le moment et la façon dont cette planification devrait se faire. En outre, l’audit a révélé que le ministère ne surveille pas les résultats obtenus pour les enfants qui ont quitté la prise en charge et ne fait pas rapport à ce sujet.

Dans l’ensemble, Mme MacPherson a formulé 16 recommandations visant à donner suite aux constatations formulées dans le rapport.

Le chapitre intitulé Ministère du Développement social – Foyers de groupe et placements spécialisés se trouve dans le volume II du Rapport de la vérificatrice générale de 2019. Le volume II contient les chapitres d’audit de performance. Le volume III, qui a aussi été publié aujourd’hui, met l’accent sur les questions découlant des audits des états financiers annuels de la province et des organismes de la Couronne. Ces volumes et des résumés d’une page des chapitres peuvent être consultés en ligne.